Exigences de Ndong Sima à l’administration : quid du timing ?

C’est en réaction à l’instruction du président de la transition sur les dérives qui subsistent dans l’administration publique, lors de la cérémonie de présentation de vœux, que le premier ministre de la transition, Raymond Ndong Sima a fait un rappel à l’ordre, le 28 janvier. En dépit de l’importance de cette communication, des questions demeurent sur son timing.

Dans un peu moins de 70 jours, la transition devra laisser place au retour à l’ordre constitutionnel au Gabon, au terme de l’élection présidentielle annoncée pour le 12 avril 2025. C’est dans ce même timing que le premier ministre de la transition, Raymond Ndong Sima a décidé d’instruire à un retour au respect de la norme au sein de l’adminitrstaion publique.

En effet, dans un délai de 60 jours, à compté du  28 janvier 2025, Inspecteurs généraux des services et Secrétaires généraux devront produire, respectivement, des manuels de procédures et des manuels d’organisation des services de leurs départements respectifs, le dépôt mensuel de leurs rapports d’audits qui devront être objectifs et sans complaisance ; un système de notation des agents publics relevant de son autorité.

« En réalité pour lancer la réponse aux points évoqués à l’instrcution que le président de la Républqiue a donné, j’ai pensé qu’il fallait partir de l’organisation actuelle de l’Etat et de deux textes que vous connaissez. Il s’agit d’abord du Décret 378 du 26 mai 2000 qui porte création, attribution, organisation et fonctionnement des Inspections générales des services dans les ministères. Il s’agit ensuite d’un texte qui a complété ce décret un peu plus tard, qui est la loi 20/2005 du 3 janvier 2006 », a-t-il déclaré, faisant preuve de pédagogie.

Et si cette exigence du premier ministre fait suite à l’instruction du président de la République, il y a que les maux qui minent l’administration publique datent de plusieurs decennies et sont connus de tous, à savoir la lenteur administrative, l’indifférence, l’incompétence, la désinvolture, la méconaissance ou simplement le non respect des procédures, et autres maux.

Aussi se demande-t-on pourquoi cette problématique n’a-t-elle pas été prise à bras le corps dès les premières heures de la transition ? Le premier ministre aura-t-il les coudés franches, en cette periode pré électorale ? Que vaut réellement la menace de sanction lorsque la fin de la transition ouvrira sans nul doute à une nouvelle ère avec en prime des changements inévitables au sein de l’administration.

Lisa Beveghe